Bienvenue sur le site de la Maison des Jeunes de Jalhay-Sart

Une semaine au cœur du Queyras

Lundi 16 août 2021, 5h du matin devant la MJ, nous voilà en train de jouer une partie de TETRIS avec les sac à dos, les matelas, les oreillers, les bottines,… Tout rentre enfin dans le coffre et sous les sièges. Chaque centimètre est optimisé ! Nous ne trainons pas, car non seulement nous n’avons pas manqué de réveiller les voisins, mais nous devons retrouver les maisons de jeunes de Stavelot et de Verviers à une heure de route.

Il est 6h, l’air est froid sur l’aire des Nutons. L’ambiance est aux retrouvailles chaleureuses pour beaucoup et de rencontres pleines de promesses pour d’autres. Chacun remonte dans son minibus, on a des kilomètres de route à descendre…

La matinée se passe dans un calme certain, beaucoup termine leur nuit… Les jeunes prennent enfin le contrôle de la musique. Après quelques heures de cols et de lacets, nous arrivons au camping à Ristolas. C’est notre camp de base ! Nous sommes accueillis avec une réflexion sur le mot « bienvenue », les estomacs crient et la nuit s’annonce glaciale. Douche, installation, risotto, feu, au lit !

Mardi, le soleil matinal dégèle timidement les nez bien refroidis par une nuit plus que polaire… C’est l’heure de l’organisation des sacs à dos, après un petit-déjeuner de rois.reines. Nous débutons notre randonnée vers le refuge du Viso sous un soleil de plomb. Les gourdes se vident à la vitesse de l’éclair ! Une petite pause au bord d’une eau fraiche, quelques baignades pour les plus téméraires (on vous a dit que l’eau était pas chaude ?).

Pour certains jeunes, c’est une première en montagne. Ils.elles découvrent la difficulté des dénivelés : ça monte encore longtemps ? Non, mais on y est bientôt ?

Comment dire, nous ne sommes qu’au début ! Très vite, ils.elles apprennent qu’il faut apprendre à écouter son propre rythme. Pas chose facile… Mais nous avons toute confiance en eux.elles !

Arrivés au refuge du Viso, nous nous battons dans une file interminable devant 2 douches… Nous engloutissons nos assiettes et regardons l’itinéraire du lendemain : un nouveau trajet pour tout le monde y compris les accompagnateurs qui viennent depuis des années… C’est certain, nous allons avoir quelques surprises 😉

Mercredi matin, nous quittons donc le Viso sous le soleil pour traverser la frontière franco-italienne. Après une ascension « gentille » nous nous engouffrons dans un tunnel au bout duquel nous serons en Italie. « Il y aura peut-être du réseau… ? » Hmmm. Nous voilà en Italie qui sera synonyme de brouillard ! 

Nous descendons, remontons, descendons, remontons,… Les jeunes comprennent que ça sera le rythme des prochains jours. Particularités de ce chemin ? Il est jalonné d’échelles et de chaînes. Par moment, nous sommes entre randonnée, via ferrata et escalade ! Dans le brouillard, on devine un paysage incroyable. On entend les cloches au cou du bétail qui sonnent en bas de la vallée. On entend aussi les peurs et les excitations des jeunes et des moins jeunes face au défi de ce chemin qui nous mène jusqu’au refuge Giacoletti. Nous savons qu’il est au sommet, et quelques petits glaciers nous indiquent qu’on s’en rapproche.

Nous y sommes et la nouvelle est tombée : pas de douches ! Il n’a pas assez plu ces derniers jours. Nous prenons conscience des réalités des refuges. Oui nous devions déjà emporter nos crasses, il n’y a pas d’éboueurs en montagne… La salade et le saumon ne montent pas non plus jusque là et les repas sont donc adaptés en fonction de la facilité d’accès et de « livraison » de chaque refuge. Nous sommes ici très reculés. Mais le mot refuge prend tout son sens : nous sommes à l’abri du froid, du brouillard et de la pluie. Les lits sont incroyablement confortables et puis, il y a quand même du chocolat chaud et des pâtes… Nous ne sommes pas malheureux ! Quelques parties de Skyjo, un combat opposant deux bouquetins, un repas délicieux nous laissant encore gourmands, et nous montons nous coucher avec déjà en tête la descente du lendemain matin qui sera tout bonnement l’ascension que nous avions encore dans les pattes.

Jeudi matin, nous commençons par redescendre tout ce que nous avions monté la veille ! La journée sera la plus longue, 17km à parcourir et on ne vous parle pas du dénivelé. Nous avons glissé, pesté, rigolé, transpiré,… Le brouillard ne nous quitte pas ! Mais l’objectif est clair : le refuge de Jervis où les assiettes s’enchainent et se remplissent presque sans fin ! On peut vous assurer que la promesse a été tenue, nous avons (trop) mangé mais qu’est-ce que c’était mérité.

Nous logeons dans une « petite » dépendance sur deux étages : douches, toilettes, kicker, canapés, mur d’escalade et dortoir ! Le luxe… A 23h, c’est extinction des feux après quelques mains et pieds écorchés sur le mur d’escalade et quelques étirements « salvateurs ». Oui, il y a de la démarche de cowboys… On sent qu’on vit 😉

Nous voilà vendredi matin, et nous devons monter le col pour regagner le côté français et le soleil, il paraît ! La matinée de randonnée commence dans les bois, c’est splendide, et il n’y a plus beaucoup de brouillard. Peut-être que c’est vrai, le soleil nous attend en haut ! Ca grimpe bien, mais les jeunes sont maintenant toutes et tous à l’écoute de leur rythme. On entend même : « C’est bizarre, j’ai pas si difficile ! ». Début d’après-midi, nous entamons la descente vers le camp de base et certain.es trainent un peu le pas. Bah oui, on a envie de profiter de cette dernière journée dans les montagnes avec le soleil… La nostalgie se ressent déjà !

Nous revoilà au camp de base, on soigne les pieds et les genoux. Après quelques baignades et des douches pour d’autres, nous partageons notre dernier souper tous ensemble : burger party ! Nous nous rassemblons tous autour des tables afin de débriefer ensemble de l’expérience que nous venons de vivre. C’est unanime : c’était génial !

Tout le monde a traversé des moments difficiles durant ces quelques jours, pourtant chacun a fait preuve de solidarité, d’attention, de bienveillance et d’entraide. « Mets ton pied là, et accroche toi comme ça », « Tu veux que je prenne tes bâtons, ça sera peut-être plus simple pour toi ? », « Allez tiens le coup ! », « Tu veux du chocolat ? », « Fais attention là, ça glisse », « je peux porter ton sac ! », « Pense qu’en haut, on va pouvoir craquer le petit jus de pomme et la barre de chocolat ! ».

On ne vous a pas tout raconté, mais qu’est-ce que c’était beau !